Sauver un animal

L’ebc (empathie, bienveillance, compassion)

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Molly, campagnol élevé et apprivoisé (photo auteur)

Réflexions diverses

 

Sommaire général

Auteur : Philippe Kauffmann

Dernière MAJ : 5/12/2016

Pour joindre l’auteur : philippe.kauffmann(à)free.fr

 

L’objectif du site et d’aider à sauver des animaux en difficulté, mais ça n’interdit pas quelques réflexions générales, un peu de philosophie, voire peut être un peu d’engagement dans certaines causes.

 

 

Sommaire du chapitre

 

Réflexions de grands hommes

Article à méditer

Réflexions sur la parole humaine

L’intelligence, la psychologie et l’âme animale

Associations de protection des animaux

Taureaux

Références

 

 

Réflexions de grands hommes

 

On pourrait croire que seuls quelques illuminés se préoccupent des autres êtres vivants. La religion et la philosophie – effleurés dans ce paragraphe –  nous enseignent qu’il n’en est rien, et que le respect et l’assistance aux animaux ont fait partie des préoccupations des humains les plus remarquables. En soignant un moineau tombé du nid, on s’inscrit donc dans une logique et une philosophie générale, largement partagée.

 

Le respect des animaux (autres que l’homme) est inscrit – entre autre – dans l’indouisme, le jaïnisme, le bouddhisme et le taoïsme. Malheureusement, on ne retrouve pas cette notion exprimée explicitement dans le judaïsme, ni dans le christianisme. Ceci n’a pas empêché certains chrétiens célèbres de combler pour eux-mêmes ce manque, même si l’histoire a curieusement oublié cet aspect de ces personnages (voir notamment Albert Schweitzer et Théodore Monod ci-après).

 

On trouve néanmoins – aussi bien dans la Bible que dans les Evangiles – des variantes du commandement "Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés" (Jn 13,34). Commandement qui – en y réfléchissant bien – ne prend tout son sens que si on le conçoit de façon universelle, c'est-à-dire appliqué à tous les êtres vivants. Ceci car si on accepte de réduire son champ d’application à certains êtres seulement, on peut alors le restreindre à son clan, ou à sa famille – soit en exclure presque tout le monde  –  ce qui lui enlève alors toute valeur. C’est au demeurant cette technique d’exclusion qui a permis à des « bons chrétiens » d’exterminer sans remord les indiens, réduire en esclavage de nombreux noirs et maltraiter les aborigènes (et pas seulement). Cette technique d’exclusion, permet aujourd’hui de nombreux chrétiens de maltraiter les animaux de ferme à grande échelle et de rester indifférent à la disparition de la faune sauvage.

 

 

Bouddha (Siddhartha Gautama) [1]

 

On doit au Bouddha historique de nombreuses considérations sur les animaux. On lui doit en particulier la réflexion remarquable suivante :

 

« Ce n’est que quand l’homme aura de la compassion pour tous les êtres vivants, qu’il pourra se dire noble. »

 

 

Leonardo da Vinci [2]

 

Universellement connu, était passionné par la nature et les animaux au point d’acheter des oiseaux en cage pour leur rendre leur liberté.

 

Il nous a laissé la réflexion suivante :

 

« Le jour viendra où des hommes comme moi considèreront l’assassinat d’un animal de la même manière qu’ils considèrent aujourd’hui l’assassinat d’un homme. »

 

 

Voltaire [3],

 

Un des plus grands philosophe, précurseur dans de nombreux domaines. Ceci lui a valu d’être emprisonné et exilé comme Mahatma Gandhi et Nelson Mendela. Il devint végétarien en 1762 et a déclaré à cette époque :

 

« Je regrette l'inhumanité avec laquelle nous traitons les animaux, nos confrères. ».

 

Ainsi que :

 

« Il est incroyable et honteux que, ni ceux qui endoctrinent ni ceux qui moralisent, ne lèvent leur voix contre la maltraitance envers les animaux. »

 

 

Charles Darwin [4]

 

Comme Leonardo da Vinci, Darwin n’a pas fait qu’étudier les animaux. Lui aussi les aimait. On lui doit entre autres :

 

« L’amour pour toutes les créatures vivantes est  la qualité la plus noble de l’homme. »

 

 

Arthur Schopenhauer [5]

 

Philosophe allemand trop peu connu. Sa philosophie a influencé de très nombreux penseurs, écrivains, musiciens et scientifiques : Gustave Flaubert, Octave Mirbeau, Guy de Maupassant, Friedrich Nietzsche, Richard Wagner, Léon Tolstoï, Sigmund Freud, Joaquim Maria Machado de Assis, Émile Zola, Pio Baroja, Joris-Karl Huysmans, Marcel Proust, Thomas Mann, Hermann Hesse, Fiodor Dostoïevski, Jean-Marie Guyau, Henri Bergson, Ludwig Wittgenstein, André Gide, Emil Cioran, Samuel Beckett (selon la Wikipédia). Son respect pour les droits des animaux - y compris son opposition véhémente à la vivisection - a conduit de nombreux militants modernes des droits des animaux à le redécouvrir. Il mérite sans aucun doute d’être mieux étudié au XXIème siècle !

 

Il a écrit entre autre cette phrase intéressante bien qu’ambigüe puisqu’on ne sait pas à quoi Arthur Schopenhauer faisait allusion en parlant d’enfer (mauvais traitements et cruauté, asservissement, confinement hors du milieu naturel, séquestration, exécutions sommaires, morts lentes et atroces, abattage, chasse, consommation ? (peut-être tout cela à la fois ?)) :

 

« L’homme a transformé la Terre en un enfer pour animaux. »

 

 

Mahatma Gandhi [6]

 

Père de la « non violence », il ne se préoccupait pas – malgré les apparences – que des humains. Il a laissé cette citation très célèbre parmi une multitude d’autres :

 

« On peut juger de la grandeur d'une nation par la façon dont les animaux y sont traités. » (On trouve de très nombreuses variations de traduction de cette citation)

 

 

Albert Schweitzer [7]

 

Si quasiment tout le monde a entendu parler de lui et son hôpital de Lambaréné, très peu ont entendu parler de son annexe :

 

« À côté des quatre cents malades et de leurs suites, tous hébergés à l'hôpital de Lambaréné, il y avait d'autres souffrants, à quatre pattes ou à plumes, qu'on abritait et soignait volontiers, car le bon docteur Schweitzer, mine de rien, avait bel et bien établi aussi ce qu'on appellerait aujourd'hui un refuge d'animaux. Il y avait des singes, des chiens, des chats, des poules, des pélicans etc., et même des antilopes qui dormaient parfois dans la chambre du docteur. » (selon Jean Nakos dans « Les cahiers antispécistes »)

 

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Albert Schweitzer et des « assistants » (source : Les animaux nos humbles frères de Jean Gaillard, éd. Fayard)

 

 

Pourquoi a-t-on ainsi oublié cet aspect de ce personnage si célèbre ? De toute façon, cet oubli de l’histoire, volontaire ou non, n’a pas pu effacer ses très nombreuses citations dont un pot pourri est présenté ici :

 

« L'enfant qui sait se pencher sur l'animal souffrant saura un jour tendre la main à son frère. »

 

« Celui à qui la souffrance est épargnée doit se sentir appelé à soulager celle des autres. »

 

« Si votre compassion n’inclut pas tous les êtres vivants, alors il vous sera impossible de trouver la paix en vous-même. »

« En secourant par exemple un insecte qui se trouve menacé, je ne fais rien d'autre que d'essayer de restituer aux animaux dans leur ensemble un peu de la dette coupable, toujours renouvelée, que les hommes ont contractée envers eux. » (pris dans : La civilisation et l'éthique)

 

Théodore Monod [8]

 

Monod n’était pas seulement l’homme du désert que les médias présentent généralement. Comme l’écrit Roger Cans : « Il militait contre tout ce qui, selon lui, menace ou dégrade l'homme : la guerre, la corrida, la chasse, l'alcool, le tabac, la violence faite aux humbles. » (cité de la Wikipédia).

 

On peut retenir de cet homme très proche religieusement et philosophiquement d’Albert Schweitzer les réflexions suivantes :

 

« Se déclarer ami des animaux est bien, venir en aide aux bêtes en péril est mieux encore. » (pris dans : Paix à la petite souris)

 

« La révérence à la vie ne se résume pas uniquement à respecter la vie mais aussi à la protéger. »

 

 

N. B. : Le site internet « Oiseau-libre.net » [9] fournit encore d’autres citations à propos des animaux.

 

 

Article à méditer

 

On trouve une infinité d’articles intéressants concernant les animaux et la société humaine sur Internet. L’article de Mathieu Quiret « L’homme, cet animal qui s’ignore » paru dans Les Echos et repris pas la revue électronique Etho-logique est un modèle du genre. Il vaut indiscutablement la peine d’être lu et médité.

 

                                                          

Réflexions sur la parole humaine

 

Descartes qui a écrit la très célèbre phrase « Je pense donc je suis ! » considérait dans son Discours de la méthode que l’homme – seul être parlant et pensant (selon lui) – s’opposait aux animaux, simples automates. Cette pensée a été mise aux oubliettes il y a plusieurs siècles déjà par les plus grands penseurs (Hobbes, Pascal, Spinoza, Leibniz), et peut y rester reléguée définitivement suite à l’apport majeur de l’éthologie qui démontre son absurdité. La seule chose nous distinguant des autres animaux étant en fait la parole (que les autres animaux supportent au demeurant souvent assez mal).

 

La parole qui permet une transmission de l’information – beaucoup plus efficace que l’observation et l’imitation animale – était probablement déjà maitrisée il y a 500 000 mille ans par Homo Heidelbergensis [10]. L’accumulation de la connaissance grâce à la parole figée (l’écriture) permet à Homo Sapiens après ces 500 000 ans d’être enfin capable d’exprimer pleinement sont agressivité naturelle et détruire les autres animaux en même temps que la planète sur laquelle il vit. Est-ce une preuve de sa supériorité sur les autres animaux ?

 

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Evolution de l’homme (auteur inconnu)

 

 

L’intelligence, la psychologie et l’âme animale

 

Les exemples d’actes remarquables d’intelligence chez les animaux sont innombrables (pour qui sait observer, comme l’a fait remarquer Konrad Lorenz à propos des béhavioristes). Ils dépassent parfois largement le maximum dont sont capables certains humains (tout le monde n’étant pas Einstein). Doit-on en conclure que les animaux sont dotés d’un langage intérieur inné non extériorisé, puisque c’est le langage qui – en principe – permet le raisonnement ? Une équipe de chercheurs pense avoir trouvé ce langage chez des singes. Il ne reste qu’à confirmer cette découverte et vérifier que d’autres animaux supérieurs en disposent.

 

Mais malgré l’absence de langage évolué exprimé, les animaux se transmettent des informations de génération en génération par observation et imitation des comportements observés. Pour cette raison, un bébé animal élevé par un humain et qui n’a jamais été en contact avec des congénères se trouve fortement handicapé et typiquement incapable de devenir autonome, c'est-à-dire survivre à l’état sauvage. L’article « Y a-t-il des cultures animales » approfondit cette question.

 

Si l’éthologie permet – dans une certaine limite – d’étudier les capacités cognitives des animaux, elle ne nous donne guère d’information sur la psychologie de ces animaux. L’auteur ne connaît pas de travaux à ce propos. Certains considèrent toutefois que les mammifères et les oiseaux ont la psychologie d’un éternel enfant dont l’âge mental équivalent dépend de l’espèce. De facto, lorsqu’on part de cette hypothèse pour prévoir un de leurs comportements on tombe bien souvent très juste.

 

Selon certains, les animaux n’auraient pas d’âme ; c’est entre autre la certitude de la grosse majorité des chrétiens qui justifie ainsi l’indifférence – voire le mépris – à leur égard. Pourtant en regardant bien Molly (photo en haut de cette page), j’ai vu son âme briller au fond de ses yeux ! D’ailleurs, contrairement à la légende, l’église catholique n’a jamais présenté comme un dogme le fait que les animaux n’aient pas d’âme. La lettre du Père Roger Peste en témoigne brillamment (ce prêtre, qui en plus d’avoir une âme, a aussi du cœur et a également pris position publiquement contre la tauromachie). On trouvera aussi dans cette même lettre une réflexion intéressante sur la psychologie animale qui rejoint l’hypothèse de l’enfant perpétuel. Certains chrétiens et leurs représentants sont donc ouvertement pour le respect animal en totale opposition avec la « tradition » actuelle relativement récente. Le catholique affiché Jean Gaillard évoque dans son livre  « Les animaux nos humbles frères » (Editions Fayard) p. 116 une éventuelle nouvelle « affaire Galilée » !

 

L’auteur de ce site – enseignant/chercheur en automatique et informatique retraité  – est convaincu qu’il serait possible de programmer un automate au comportement animal (il y a des travaux de recherche récents en cours sur ce thème). L’automate en question serait alors ni plus ni moins vivant qu’un animal et aurait lui aussi une âme ; l’âme étant au sens étymologique ce qui permet à un être de s’animer. On remarquera au passage que dans les religions d’origine indienne qui croient en la réincarnation, c’est cette âme qui se réincarne, pas la mémoire du vécu de l’individu.

 

 

Associations de protection des animaux

 

            Plusieurs associations de protection des animaux de compagnie et de la nature ont été citées sur ce site, comme la LPO [11], l’UFCS [12], la SPA [13] (60 refuges), la CNSPA [14] (fédération de 350 refuges) et les SPA locales car elles sont en mesure d’apporter directement des soins aux animaux dans le besoin. Ceci étant, il ne faut pas oublier qu’il existe d’autres associations de protection qui agissent indirectement – mais efficacement – en créant ou préservant des espaces naturels, en agissant au niveau politique et/ou juridique, etc. On pourra en particulier noter le WWF (World Wildlife Fund) [15] et le CIWF (Compassion In World Farming) [16] au niveau international, l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) [17], WELFARM [18] (association de protection des animaux de ferme), L214 [19] (association très active de protection des animaux de ferme qui contribue à l’amélioration des conditions d’existence des milliards d’animaux de nos élevages), Politique & Animaux [20] et 30 Millions d’Amis (qui soutient financièrement 250 refuges) [21] au niveau national français. Il existe aussi d’autres associations nationales et de nombreuses associations locales à ne pas négliger. Aider et/ou adhérer à une de ces associations est plus abstrait que de sauver un animal trouvé, mais très efficace pour la protection de la vie animale en général.

 

 

Taureaux

 

Vous ne risquez pas de trouver un taureau désemparé à secourir au coin d’un bois, mais peut-être passerez vous à coté d’une arène française, espagnole ou portugaise. Peut-on prétendre avoir de la compassion pour un animal et en même temps tolérer la torture d’autres animaux ? L’auteur a conscience de clore ce site par ce qui pourrait être considéré comme une provocation, mais il s’excuse de ne pas pouvoir effacer de sa conscience l’image des taureaux torturés dans les arènes.

 

Peut-on être fier d’être français et d’avoir eu un ministre de la culture qui a fait mettre la tauromachie au patrimoine culturel immatériel de la France ? Certains répondent : Quand on me parle de cette culture, je sors mon révolver ! (mais ce serait réagir à la violence par la violence, et mieux vaut prendre exemple sur Mahatma Gandhi, Albert Schweitzer ou Théodore Monod).

 

La chrétienté laisse globalement faire, voire même approuve discrètement (il y a des aumôniers catholiques dans les arènes…). Toutefois, certains chrétiens protestent [22] et d’autres préfèrent quitter la chrétienté comme l’a fait Marguerite Yourcenar [23]. D’autres chrétiens l’ont suivie ; ce pourrait même être une des causes de l’effondrement du catholicisme en France au cours de ces dernières décennies.

 

Certaines personnes ont même décidé d’aller plus loin en créant des associations pour un traitement éthique des animaux (PETA [24]) ou juste pour que cesse la tauromachie (CRAC [25]), tradition barbare, insulte à la société dite civilisée. On notera au passage que le périodique « Charlie Hebdo » est le seul à prendre officiellement parti contre la corrida et pour la protection des animaux (chronique de Luce Lapin [26] qui a survécu au carnage du 7 janvier 2015).

 

 

Références

 

1.      Siddhartha Gautama (Wikipédia)

2.      Leonardo da Vinci (Wikipédia)

3.      Charles Darwin (Wikipédia)

4.      Voltaire (Wikipédia)

5.      Arthur Schopenhauer (Wikipédia)

6.      Gandhi (Wikipédia)

7.      Albert Schweitzer (Wikipédia)

8.      Théodore Monod (Wikipédia)

9.      Oiseau-libre.net (citations)

10.  Homo Heidelbergensis (Wikipédia)

11.  Ligue pour la Protection des Oiseaux

12.  Union Française des Centres de Sauvegarde de la Faune Sauvage

13.  Société Protectrice des Animaux (SPA dite nationale ou parisienne)

14.  Confédération nationale des SPA de France

15.  WWF (World Wildlife Fund)

16.  CIWF (Compassion In World Farming)

17.  ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages)

18.  WELFARM (association de protection des animaux de ferme)

19.  L214 (Association de protections des animaux d’élevage)

20.  Politique & Animaux

21.  30 Millions d’Amis

22.  Fraternité sacerdotale internationale pour le respect de l’animal

23.  Marguerite Yourcenar (Wikipédia)

24.  PETA (Pour une Ethique dans le Traitement des Animaux)

25.  CRAC (Comité Radicalement AntiCorrida)

26.  Site de Luce Lapin et copains (protection des animaux)